Catégorie : OPEL Publié le jeudi 27 octobre 2011 14:51

En optant par les roues avant pour faire passer la puissance, les ingénieurs Opel avaient des chances de se mettre leur clientèle de puristes à dos. Etablie sur la plate-forme de la Vectra, ils n’avaient de toute façon guère d’autres solutions à proposer pour la succession du coupé Manta et de son esprit sportif… Deux portes, quatre places, et surtout un Cx de 0,26 record du monde de la catégorie, dû au coup de crayon du designer Erhard SCHNELL, voilà ce qui pouvaient tout de même surprendre les visiteurs du Motor Show de Francfort en 1989. La Calibra qui y était présentée associe élégance, habitacle spacieux et technologie moderne (suspension arrière indépendante dérivée de l’Oméga, projecteurs ellipsoïdaux) à un prix attractif pour la version de base dotée d’un bloc 4 cylindres 2 litres à 8 soupapes de 115 chevaux, pour un poids de 1,2 tonne. Superbement profilée pour loger quatre adultes et leurs bagages (coffre de 300 dm3), le nouveau coupé signé Opel détonne alors par une ligne inédite et très étudiée, à l’opposé des rivales plus trapues et beaucoup moins vastes. « fun & function » voilà quel était le mot d’ordre de la Calibra. Pourtant, si la silhouette flatte, on ne peut qu’émettre de larges regrets à la vue de la présentation intérieure et du tableau de bord, intégralement repris de la berline. Pour le reste, la version quatre cylindres 150 chevaux est pleine de bonne volonté, offrant des accélérations honnêtes, des reprises acceptables avec en bonus une consommation modérée. Le caractère de l’engin privilégie le confort et son équipement de série joue en ce sens. Mais il est encore trop tôt pour s’attendre à trouver une personnalité et un tempérament sportif dignes de la ligne de la Calibra, diffusée à près de 30 000 exemplaires dès la première année de production en « 2 litres GT ». Un chiffre très au delà des prévisions et des capacités de production, poussant les cadres de chez Opel à redoubler la cadence et proposer d’autres motorisations sur ce coupé rapidement devenu nouveau symbole la marque.

L’apparition en 1991 d’une motorisation turbo replace alors la Calibra dans le segment des sportives et non plus des simples coupé routiers. Revendiquant 204 chevaux et munie d’une boîte à 6 rapports, la Calibra est alors capable de 245 km/h. Elle vient chatouiller sans complexe des concurrentes au nom plus prestigieux (BMW, Porsche...) dans cette configuration qui sera la plus puissante des Calibra. Et surtout, elle bénéficie d’une transmission intégrale. Cette version turbo 4x4 est ouvertement conçue pour permettre à son constructeur de défendre ses chances en compétition mais, au final, reste un cran en dessous des « super-sportives » pour s’inscrire dans le registre « super-GT ». En effet, la transmission 60-40 ne parvient pas à enlever son caractère sous-vireur dans les enchainements serrés. Au chapitre des griefs, l’ABS est également en cause : son intervention est beaucoup trop précoce pour une utilisation totalement sportive. En revanche, la Calibra excelle dans un style Grand Tourisme et avale les grandes courbes d’une manière parfaitement souveraine.

Dans cette optique, la Calibra gagnera quelques lettres de noblesse supplémentaires en 1994, après 5 années de production, en adoptant le nouveau V6 maison à 24 soupapes de 170 chevaux (2497 cm3) lui permettant d’abattre le 0 à 100 km/h en 7,8 secondes. Le six cylindres inaugure le label ECOTEC de chez Opel, synonyme de moindre pollution et de performances préservées, sigle que l’on retrouvera aussi sur le 4 cylindres à culasses 16V venant remplacer la version à huit soupapes et développant 16 chevaux de plus que son prédécesseur, en juin 1994. Le bloc 150 chevaux disparaît au même moment du catalogue. La gamme se résume alors au quatre cylindres 136 chevaux, au V6 et à la plus délurée version turbo-4x4. Une palette de motorisations qui n’évoluera plus jusqu’à l’achèvement de production du coupé en 1997, concluant cette véritable success-story Opel au terme de 238 647 unités sorties des chaînes, faisant de la Calibra la coupé le plus vendu en France, avec 20% du segment en 1991. Un créneau trusté jusqu’alors par les japonais et leur 40% de vente…
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Mis à jour le lundi 9 janvier 2012 14:26
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