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FORD SIERRA

COMME LA MONTAGNE…

 

… LA SIERRA POSSEDE PLUSIEURS VISAGES. PAISIBLE 1600 OU REDOUTABLE COSWORTH CETTE BERLINE AU STYLE NOVATEUR SE DECLINE EN UNE LARGE GAMME, FAISANT DE LA SIERRA LA PLUS MULTIPLE DES FORD DE L'EPOQUE.

 

 

fords460

Avant de caler son style sur celui de sa grande sœur Scorpio au milieu des années 80, la Sierra présentait dès son lancement en septembre 1982 un style très personnel. Ford décide alors de présenter au public une carrosserie au dessin futuriste, voire « révolutionnaire ». Le pari est osé et dans un premier temps le succès n’est pas immédiat. Les acheteurs européens semblent en effet déconcertés par ses formes venues d’ailleurs, alors que ceux d’outre-Atlantique accueillent plus favorablement le nouveau style qui prend sa place dans cette Ford commercialisée par Merkur et baptisée XR4Ti pour les marchés US et canadien. Ford tablait d’ailleurs sur cette marque pour diffuser aussi ses modèles européens en Amérique du nord avant d’essuyer un échec commercial et de renoncer à cette identité, équivalente de « Mercury » en Allemagne. Au fil des millésimes, le modèle héritier de la Ford Taunus saura pourtant conquérir une large clientèle, surement moins surprise par le « dedans » et le classicisme de l’architecture de ce nouveau modèle estampillé à l’ovale bleu. Extérieurement, elle se démarque du reste de la production Ford par une ligne fluide et aérodynamique caractérisées par de grandes vitres bombées et des formes bulbeuses, signées Patrick Le Quément, alors patron du style Ford en Europe. Fidèle aux traditionnelles qualités de la marque (fiabilité, équipement, finition, prix) et dotées de qualités routières très supérieures à celles de ses prédécesseurs, la Sierra finira par s’imposer sur les principaux marchés européens, devenant de 1986 à 1989 la voiture la plus vendue dans sa catégorie sur le vieux continent. Un succès que ne laissait pas forcément supposer la finition « L » d’entrée de gamme sans aucun artefact pour dénaturer le dessin parfaitement représentatif de ce nouveau style : phares à optique simple engoncés dans une calandre dotée de trois barrettes horizontales et un bouclier enveloppant, de couleur assortie à la caisse en finition « GL » disposant également d’un bourrelet plus protecteur sur ses flancs. Le haut de gamme « Ghia » est présenté avec une calandre spéciale, des phares doubles et des bandes de protection latérales plus larges. Mais contrairement à la plupart de ses concurrentes, la Sierra demeure une propulsion classique avec une suspension bénéficiant tout de même de roues arrières indépendantes mais des freins à tambour. Il faudra attendre les modèles plus sportifs ou prendre l’ABS en option pour bénéficier de 4 disques. Ford fait à la fois confiance à son bon vieux bloc OHC 4 cylindres « Pinto », le présentant en ticket d’entrée dans une économique version 1,6 litres de 75 chevaux, et au V6 « Cologne » de 2,3 litres de 115 ch pour ratisser large. En diesel, elle fait appel à un bloc d’origine Peugeot(le fameux Indénor) de 2,3 litres et 67 chevaux.

 Ford Sierra RS Cosworth 2

Un an après son apparition sur le marché, une version coupé 2 portes 3 volumes vient compléter la gamme. Baptisée « Le Coupé », elle reprend le bloc de 1993 cm3 de la berline « Sierra 2000 » mais doté d’une injection mécanique KE-Jetronic en lieu et place du carburateur Weber et affiche 115 chevaux à 5200 tr/m et 16 mkg à 4000 tr/m, pour un poids très légèrement supérieur à la tonne. Aussi disponible en option en boîte automatique, elle revendique une vitesse de pointe de 190 km/h avec cette motorisation exclusive. Le Coupé 2 litres seconde alors une version 4 portes XR 4x4 à… 4 roues motrices et 4 cylindres qui vient elle-même remplacer la Sierra 2800i XR4…à 2 roues motrices. Cette berline sportive équipée d’origine d’une transmission intégrale à répartition inégale du couple (33% à l’avant et 67% à l’arrière) et en série d’un système ABS, loge cette fois sous son capot le V6 de 2793 cm3 développant 150 chevaux, disposant là encore muni d’une injection KE-Jetronic. Boîte manuelle à 5 rapports et vitesse maxi de 210 km/h : la Sierra se tourne alors résolument vers la conduite rapide. Ne reste plus qu’à proposer une carrosserie plus en adéquation avec les prétentions sportives du modèle : ce sera celle du coach. Reprenant la face avant de la berline dans sa finition Ghia, le coupé Sierra 2800i XR4 se distingue par ses jantes spécifiques (14 pouces) et son double becquet arrière. Les 22 mkg de couple disponible à 3800 tr/m associés aux 1205 kg du Coupé permettent des performances inégalées dans la gamme Sierra, bien que Ford n’ait pas cru bon de lui associer la transmission intégrale de la berline, contrairement à ce que son appellation laisserait supposer Disponible contre un chèque de 107 700 francs de l’époque, sa distribution restera limitée. Elle coexiste au catalogue avec la vieillissante Capri lancée en 1974… Mais un pas est franchi et Ford ira encore un peu plus loin dans son registre personnel de la sportivité.

 

1985 : lever de rideau sur la Cosworth

C’est ainsi qu’en septembre 1985, soit 2 ans après son lancement, Ford présente une bouillonnante version Cosworth (disponible en juillet 1986 au tarif de 188 700 francs) à la présentation ultra-sportive : élargisseurs d’ailes, double prise d’air sur le capot, bas de caisse, jantes spécifiques en 16 pouces (225/50 VR 16) et surtout un très imposant aileron planté à mi-hauteur sur le hayon et censé augmenter la portance verticale. Ford lui greffe un 4 cylindres 1993 cm3 DOHC ( le bloc qui remplacera aussi le Pinto sur les Sierra 2 litres non Cosworth à partir de 1989) associé à une culasse à 16 soupapes et un turbocompresseur T3 donné pour 204 chevaux, complété par une boîte à 5 rapports Borg-Warner. Produite dans l’usine belge de Genk , la RS Cosworth, conçue par le groupe SVE (Special Vehicule Engineering) de Ford, sera produite à 5545 unités seulement. En poussant sa logique jusqu’à son terme, le constructeur proposera une version encore plus exclusive, la Sierra RS 500, basée sur la Cosworth. Affichant 224 chevaux au lieu des 204 d’origine grâce à l’intervention du préparateur Tickford, elle sera diffusée à 500 exemplaires en 1987 seulement. Outre le bloc moteur, les modifications de la plus puissante Sierra disponible portent sur l’injection, la suralimentation, attribuée à un Garrett T4, mais aussi sur les freins et les suspensions, alors que le bouclier subit quelques retouches pour améliorer le flux d’air dans le compartiment moteur. Disponible en 3 coloris (blanc, noir ou bleu « Moonstone »), la RS 500 constitue une véritable base de développement pour les modèles de compétition dont certains sont allés jusqu’à afficher des puissances de l’ordre de 500 chevaux.

 

Parallèlement, Ford offre un lifting à la gamme Sierra qui vient de fêter ses cinq ans et demi d’âge. Le constructeur présente aussi une version tri-corps quatre portes plus anonyme que la version à hayon (février 87), proposée au même tarif. Son identité est beaucoup plus affirmée en version Cosworth puisque c’est finalement cette carrosserie qui sera retenue en 1988 pour relancer le modèle sportif, toujours doté du 4 cylindres de 204 chevaux dépourvu de transmission intégrale, alors que le turbulent coach, dans cette configuration, regagne les vestiaires. La seule version 4x4 qui subsiste en 1989 est celle disposant du gros V6 dont la cylindrée a augmenté pour atteindre 2935 cm3 (93x72). Le Cologne a été retravaillé pour offrir plus de couple à bas régime, avec une culasse d’une nouvelle conception, mais sa puissance reste figée à 150 chevaux. Les autres versions demeurent des propulsions, au style légèrement remanié (bloc optique et feux arrières plus gros, montants latéraux plus fins…). Au total, ce ne sont pas moins de 24 variantes qui sont alors disponibles dans la gamme Sierra, avec une longue liste d’option.

 

Sierra Cosworth 1990: le sport d’abord

Sierra RS Cosworth FrontEn janvier 1990, l’ensemble de la gamme est restructuré. La transmission 4 roues motrices refait son apparition sur toutes les carrosseries disponibles mais dans cette configuration l’unique motorisation possible est le nouveau 1998 cm3 Twin Cam de 125 chevaux… Ou, enfin ! la version Cosworth avec, cerise sur le gâteau, une augmentation de la puissance désormais portée à 220 ch. L’effort ne s’arrête pas là, Ford adoptant sur l’ensemble de la gamme Sierra de nouvelles boîtes de vitesse manuelles et automatiques, de nouvelles calandres et face arrières (feux noirs), de nouveaux blocs optiques, un équipement amélioré et une planche de bord subtilement retouchée. De quoi faire patiemment attendre la relève prévue pour 1993, d’autant que les versions de base bénéficient toujours d’un prix attractif. L’ultime Sierra fait surtout la part belle au confort, le comportement routier accusant le poids des ans : imprécision du train avant, amortisseurs trop souples et l’optionnel ABS fantaisiste viennent entacher la fin de carrière. Mais ces défauts s’avèrent être un moindre mal sur la version 4X4 dont la transmission intégrale corrige le tir. Même privée de V6 au contraire du modèle originel, la dernière version de Sierra XR4x4 est agréable à conduire en raison du 2 litres de 125 chevaux qui ne manque pas de souplesse et distille généreusement son couple sur le train arrière. L’agrément est finalement au rendez-vous. Pour les amateurs de conduite rapide et sportive, la version Cosworth figure toujours au catalogue. Un modèle ultra-sportif trahissant la volonté des dirigeants de Ford de s’affirmer dans le championnat du monde des Rallyes…Bête fantasque en propulsion, la Cosworth se révèle d’une efficacité redoutable dans sa livrée « intégrale ». Si l’ABS se révéle encore une fois peu adaptée aux prétentions d’un tel engin, elle devient capable de rivaliser avec des coupés au nom bien plus prestigieux…Le moteur souple et regorgeant de puissance à tous les régimes est un régal, du coup les performances, en accélération (1000 m DA en 26,5 s ) et reprises sont en phase avec l’image que l’on se fait d’une Cosworth, qui offre de surcroît la possibilité de voyager en famille. Le pilote devra pourtant se contenter d’une instrumentation chiche même si l’équipement général est correct : la Sierra Cosworth propose en série clim et cuir, pour un tarif pas franchement bon marché (255 200 francs). Qu’importe, Ford livrera ainsi une version aboutie de sa berline, mondiale avant l’heure et dont la carrière aura duré dix ans. Elle tirera sa révérence après avoir été produite, tout modèle confondu, a plus de 2 700 000 exemplaires en Europe. Ce qui laisse aujourd’hui encore une belle chance d’en dénicher une, quelque soit la version !

 

+ -
  • Performances
  • Comportement sûr et efficace
  • Confort/équipement
  • Utilisation familiale possible
  • ABS peu adapté
  • Autonomie
  • Exemplaires non modifiés rares…
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