Catégorie : HONDA Publié le jeudi 27 octobre 2011 14:51

L’audacieuse marque du fondateur Soïchiro Honda est en plein renouveau de dynamisme au milieu des années 1980 : première des marques nipponne à s’aventurer sur le vieux continent, N°1 mondial des deux-roues et motoriste-vedette de la Formule 1 aux côtés de Mc Laren, elle scelle un partenariat commercial avec Rover. Codé XX, l’aboutissement du premier projet commun entre les deux firmes se concrétise par l’apparition des berline Honda Legend et Rover 820/827. Le constructeur japonais marque alors un pas sur le marché lucratif et valorisant des berlines de haut de gamme. Pourtant, la Legend première du nom, lancée en 1985, sera un véritable échec commercial en Europe, où s’imposer sur un segment supérieur trusté par BMW ou Mercedes est loin d’être évident. En revanche, la Legend rencontre largement son public aux USA sous l’insigne Acura, ce qui pousse la maison-mère Honda à revoir sa copie en 1990. Renouvelé, l’emblème haut de gamme du constructeur nippon se décline aussitôt en coupé. Au nombre de portes et à l’empattement près, le style est strictement calé sur celui de la berline éponyme, à la seule exception de la poupe de ce vaisseau-amiral géant. Le coupé Legend se distingue en effet par ses mensurations XXL : 4,88 mètres de long, c’est 15 cm de plus que le haut de gamme français (Peugeot 605, Citroën XM) ! Ce qui procure l’avantage d’un un vrai coffre ( 417 dm3). Au passage le coupé améliore aussi son Cx (0,32). Campé sur des jantes en alliage de 15 pouces, avec de discrètes touches de chrome venant surligner l’entourage des vitres, l’allure de la Legend est statutaire. 4 occupants peuvent prendre place à bord, bien que l’accès à l’arrière soit peu ergonomique.
Full-option… de série !

L’univers intérieur cuir et bois est suréquipé : vitres, toit ouvrant, rétroviseurs (dégivrant) électriques, air conditionné, sièges chauffants… N’en cherchez pas plus, le catalogue ne propose à l’époque qu’une seule option : le lecteur CD ! Une version boîte automatique à 4 rapports est également disponible. A côté de cela, la concurrence fait pâle figure, notamment le coupé CE Mercedes loin d’en offrir autant pour les 300 000 francs réclamés pour la Legend. Celui-ci protège son conducteur par un airbag et un rétracteur de ceinture. Si Honda a pensé à soigner la présentation et la finition intérieure de son coupé parfaitement insonorisé, on retrouve aussi un moelleux de suspensions qui faisait défaut à la première mouture. La Legend deuxième du nom estompent fortement les inégalités de la route, mais le filtrage est loin d’être parfait sur mauvaise route. Bref, l’ensemble est plus taillé « confort » que « sport ». Le seul et unique V6 disponible est bien plus valorisant que le 2,7 l de son prédécesseur. Ouvert à 90°, ses 3206 cm3 lui octroie un regain de puissance qui doit venir gommer l’embonpoint, car les 205 chevaux disponibles à 5500 tr/m ont la tâche de mouvoir les 1545 kg de l’engin…Aux roues avant. Un cahier des charges avec lequel le V6 maison s’accorde idéalement, car Honda, fidèle à sa réputation de motoriste, a doté son six cylindres en V à 24 soupapes « C32A » implanté longitudinalement d’un système d’admission variable permettant d’obtenir 85% des 29,7 mkg de couple dès 2000 tr/m. Inutile donc d’aller cravacher la zone rouge pour obtenir la quintessence du Coupé Legend. En contrepartie, il ne sera demandé à la pompe que 10 à 12 litres de SP95 en moyenne pour chaque centaine de kilomètres parcourue. Heureusement, vu la capacité un peu faiblarde du réservoir (68 litres).
Classe affaire

Au final, Honda livre un coupé totalement dénué de prétention « GT », mais largement en mesure de déplacer rapidement ses occupants dans un confort ouaté. D’autant que les performances progressent par rapport à l‘ancienne version : titulaire d’un 0 à 100 km/h en 8,1 sec, tandis que le 1000m DA est abattu en 28,3 sec, sa vitesse maxi est électroniquement fixée à 226 km/h. Dommage que l’endurance et la puissance du freinage soient assez limitées, surtout en boîte automatique, car l’absence de frein moteur en utilisation normale fait assez vite chauffer les plaquettes. La dimension des disques n’a même pas progressé par rapport à Legend mk 1. Mais l’ALB (antiblocage Honda) est proposé en série. Honda progresse malgré tout au chapitre du changement de cap, la direction étant ferme tout en restant douce, procurant un bon feeling de la route, bien qu’encore trop assistée.
A l’utilisation, le coupé Legend privilégie donc l’agrément de conduite. Esthétiquement réussi, malgré son châssis perfectible, il se distingue élégamment des productions européennes par une présentation générale digne d’un véritable haut de gamme.
Acheter un coupé Honda Legend 3.2
Fiabilité nippone oblige, le V6 Honda ne craint pas les kilométrages élevés. Heureusement, car il est fréquent de trouver des Coupés Legend affichant plus de 200 000km. A la stricte condition que l’entretien ait été parfaitement suivi, l’acquisition d’un tel modèle peut se faire sans crainte. En cas de pépins, le coût d’une grosse révision de « rattrapage » ainsi que le tarif des pièces de rechange affiché chez Honda auront de quoi en refroidir plus d’un. Le ticket d’entrée se situe au dixième de son prix neuf… Soit aux alentours de 5000 € pour un exemplaire en parfait état et à l’historique connu. Le plus souvent en boîte automatique, qui s’accorde à merveille avec le tempérament voluptueux du moteur Honda.
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