Catégorie : ROVER Publié le jeudi 27 octobre 2011 14:53
A chacun sa spécialité : lors de l’association Rover-Honda, à charge des nippons de concevoir la partie moteur et châssis, aux ingénieurs anglais de définir le style intérieur et extérieur. Ouf, ça aurait pu être l’inverse ! Fruit de cette méritante collaboration, la série 200 n’est pas dénuée d’allure et cela est encore plus vrai pour la version Coupé. Venant coiffer la gamme, ce fut d’abord à la version « 216 GTI 16V Coupé » d’apporter une touche de sportivité avec son look légèrement travaillé (aileron, jantes) début 1991. Des débuts timides, avec 130 chevaux, mais en bonne voie. Car en 1994, la marque au Drakkar vient enfin taquiner la barre des 200 chevaux sur cette base précédemment établie. La recette ? Un turbo. Forcément, c’est ce qui se fait à l’époque pour obtenir de la puissance à moindre développement. Sauf qu’à cet ordre de marche, on adopte généralement une transmission intégrale, ou dans le pire des cas, ce sont les roues arrières qui se chargent de transmettre la puissance… Pas chez Rover ! C’est tout le train avant qui va devoir supporter la cavalerie développée par le 4 cylindres en ligne de 1994 cm3 double arbre et turbo Garrett T25. Le bloc est d’origine Rover, implanté transversalement à l’avant. Stylistiquement, on retrouve les grandes lignes de l’initiateur de la lignée, le 216 GTi, animé lui par une motorisation Honda. Retravaillée, la caisse adopte un pavillon de type « T-bar » et deux demi-toits translucides et amovibles indépendamment l’un de l’autre, des portes issues du cabriolets et sans armature autour des vitres. Le reste de la carrosserie se distingue par des ailes avant adaptées à la dimension des très belles jantes en alu 6 branches de 15 pouces, des clignotants redessinés, le kit aérodynamique comprenant des boucliers spécifiques avant et arrière, un aileron sur la malle. Une lame sous le bouclier arrière fait fortement songer à un extracteur, et la présentation extérieure comprend aussi une paire d’antibrouillards. Pour clore le chapitre esthétique, on remarque surtout un très évocateur bossage de capot implanté devant la place passager !

Le pedigree sportif de la 220 Turbo est ainsi établi. On en oublierait presque qu’il s’agit du premier vrai coupé sportif de la marque, mais Rover a su dissimuler son manque d’expérience en la matière en soignant aussi l’aspect technique. En premier lieu, en adaptant le différentiel Torsen aux roues avant, pour répartir le couple impeccablement à toutes les vitesses. Puis en limitant le poids: 1185 kg sur la balance pour 200ch, cela donne en 1993 le meilleur rapport poids/puissance de la catégorie (5,9 kg/ch), et il est vrai que la 220 Turbo s’emmène très facilement. Elle signe un honorable chrono de 7,4 sec de 0-100 km/h et l’aiguille du tachymètre n’hésitera pas à aller flirter avec le nombre « 240 » gravé au fond du cadran. Un excellent 1000 m D.A conclu en 26,6 sec complète enfin la fiche « performance ». Au volant, on apprécie d’abord la rapidité du temps de réponse du turbo, qui facilité le dosage de l’accélération. L’amortissement suffisamment ferme aide au maintien de la caisse en virages serrés mais il n’y a pas de secret : le train avant avoue ses limites en terme de motricité et de guidage si la cadence augmente ! En revanche, les enchaînements de courbes rapides permettent d’apprécier totalement les qualités routières de très exclusif Coupé Rover, ralenti par un ABS Bosch monté en série. La direction pas trop assistée, la commande de boîte et la bonne position de conduite finissent de convaincre. Sauf si l’on attend du tonitruant coach britannique un comportement encore plus sportif. Car c’est à l’approche de ses limites, et non au delà, que l’on savourera le plus la Rover 220 Turbo. Sa production s’acheva en 1996, après seulement 3 années de production.
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