Un jour, des voitures : Alfasud Sprint Veloce 1.5 et Sprint 1.5 QV

Mai 17, 2022 | À la une, Actus, La fabrique de Young

Il s’en passe des choses dans les coulisses de nos reportages ! Lors de notre réunion de coupés de grande série, en vedette ce mois-ci dans Youngtimers, une seconde Sprint nous a rejoint. De quoi revenir sur l’évolution du coupé Alfasud le temps d’un sujet-bonus !

Texte et photos : Laurent Berreterot

Comme l’Alfetta GTV, l’Alfasud Sprint a connu deux époques correspondant à l’évolution de sa décoration extérieure : l’ « inox » et la « plastique ». Aujourd’hui, les collectionneurs préfèrent la première, par purisme ou recherche d’une authenticité réelle (ou fantasmée) très en vogue en ce moment. C’est le choix que nous avons d’ailleurs fait au moment de trouver une rivale à peu près contemporaine de la R17 TS et de la Scirocco GTI. Mais au début des années 1980, les pare-chocs, entourages de vitres et rétroviseurs chromés, c’est passéiste voire ringard. Ils sont remplacés par des éléments noirs mat, synonymes traditionnels de sportivité, le noir limitant les reflets dans les postes de pilotage. Et pour aller plus vite encore, les bandes rouges s’invitent un peu partout. L’histoire des voitures sportives des années 1980 va s’écrire en rouge et noir…

La progression du noir est encouragée par l’abandon du métal au profit du plastique teinté dans la masse, plus efficace dans l’absorption des chocs (d’où aussi de nouveaux pare-chocs plus massifs et enveloppants). Impossible d’omettre l’influence de la Golf GTI, toute accessoirisée de plastique noir, qui commence à démoder les coupés de grande série, même si en 1980 la catégorie est encore forte des Fiat X1/9, Lancia Montecarlo, Renault Fuego, Porsche 924, VW Scirocco et donc l’Alfasud Sprint.

Immatriculée pour la première fois en 1983, la jolie Veloce 1.5 de Sergio fait partie des toutes dernières « inox » (surnom bien cocasse pour une Alfa), la Sprint entamant sa période « plastique noir » dès le mois de mars de cette année-là. Elle touche les nouveaux pare-chocs boucliers, la calandre en plastique englobant les phares, les protections latérales plus épaisses, les entourages de vitres, le rétroviseur extérieur et bien sûr tout le mobilier. Le modèle originel remonte à 1976 (voir Youngtimers n°131), ce qui est déjà bien ancien dans un segment hédoniste où prime la nouveauté. D’autant que la berline de base a cédé la place à la nouvelle Alfa 33, d’où la suppression de la mention Alfasud à l’arrière de la Sprint « phase 2 ». Compte tenu des rocambolesques problèmes de corrosion rencontrés par les propriétaires d’Alfasud, on imagine volontiers qu’on a voulu faire oublier ce nom chez Alfa Romeo…

Côté moteur, la Sprint, qui a jusqu’alors suivi l’évolution de l’Alfasud Ti, passe enfin la barre des 100 ch (105 plus exactement, soit la puissance de la première 205 GTI) dans sa version sommitale de 1,5 l. De quoi légitimer l’appellation Quadrifoglio Verde, réservée chez Alfa aux versions les plus puissantes. La Sprint s’en était tenue jusque là au superlatif « Veloce » (“rapide” en italien) obtenu en 1979 lors du montage d’un second carburateur sur les deux versions 1,3 l et 1,5 l du petit 4-cylindres à plat. La décoration noire et verte rappelle cette évolution comme pour mieux marquer la différence d’Alfa Romeo en pleine déferlante rouge et noire des GTI, 205 en tête. Un choix chromatique particulièrement réussi qui apporte un peu d’originalité à un habitacle qui en manquait singulièrement jusqu’à alors. Et puis, Alfa a heureusement conservé de la Sprint « inox » le volant tulipé et les “ferrarissimes” aérateurs orientables à lamelles.

J’ai coutume d’écrire d’une belle voiture qu’elle va vite même à l’arrêt. Ce qui se prête particulièrement au dessin originel de Giugiaro, dynamisé ici par une lunette arrière très inclinée et une poupe coupée en biais, à l’italienne. Et elle est encore plus belle (et rapide !) complètement nue, sans ses roues, si j’en juge par les photos de l’énorme chantier de restauration de la Sprint rouge de Benoît, mené en famille sans aucun prestataire extérieur. Caisse, trains roulants, Silentblocs, carburateurs et divers périphériques, faisceau électrique, tout ou presque y est passé. Résultat, l’auto vous fait à peu près le même effet qu’une grosse Hot Wheels rouge pétant à un enfant de cinq ans, même si vous avez dix fois cet âge. Mais comme vous le savez, la différence entre un adulte et un enfant réside dans le prix de ses jouets…

On a reproché aux Sprint « plastiques » leur alignement sur les caractéristiques techniques simplifiées de l’Alfa 33 : plus de freins à disques embarqués en sortie de boîte et remplacement des freins arrière à disque par des tambours. Ce recul n’intervient toutefois qu’en 1985 et ne concerne donc pas le modèle 1983 de Benoît dont la conduite ne dépaysera heureusement pas le possesseur d’une « inox » comme Sergio. Et une fois le boxer bien monté en température, on attend bien sûr qu’une seule chose : lui faire prendre des tours. « C’est à ce moment là que la magie Alfa Romeo opère et que l’on en prend plein les oreilles tout en ayant l’impression d’aller vite alors que ce n’est pas vraiment le cas », s’enthousiasme Benoît. « La première courbe arrive et c’est à ce moment que l’on se rend vraiment compte du très bon équilibre de cette voiture. Très peu de roulis, une bonne tenue de cap, la voiture s’inscrit là où on le souhaite. Bref, on en redemande et l’on attend avec impatience le prochain virage. Dès les premiers rétrogradages en conduite sportive on profite également du crépitement à l’échappement typique de ce moteur. Un régal pour les oreilles ! »

De sorte qu’un alfiste n’avoue pas facilement que son bolide a des défauts, Benoît en reconnaît quelques uns. « Le premier concerne le freinage qui est plutôt correct en mode balade mais qui trouve vite ses limites en conduite soutenue puisque après quelques freinages appuyés il convient de ralentir le rythme. La boîte est aussi particulière et il est parfois difficile d’enclencher la marche arrière ou de rétrograder en première. En effet il faut bien prendre le temps et décomposer ! ».
Ce qui confirme une fois de plus que tout passionné d’automobile doit avoir eu au moins une fois dans sa vie une Alfa Romeo, comme l’a écrit Jeremy Clarkson, lequel a possédé une GTV6.

Reste à résoudre un dilemme : entre l’ « inox » et la « plastique », laquelle préférez vous ?

5 Commentaires

  1. Seb G

    Une préférence pour le bolide de Benoit avec ce joli rouge éclatant et son original liseret vert. Mais quoi qu’il en soit je verrais bien l’une ou l’autre dans mon garage ! Merci pour ce chouette reportage.

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  2. Erwan F

    J’ai possédé une Sprint “Troféo” inox, qui m’a servi de navette entre la gare de Fréthun et le port de Calais pendant 5 ans. Elle était complètement pourrie et j’ai du la mettre à la casse quand j’ai changé de boulot (c’était il y a vingt ans, ne me jetez pas de pierres !). Mais, alors qu’elle restait toute l’année sur un parking du Nord et que je ne lui prodiguait qu’un entretien symbolique, elle ne m’a jamais laissé en rade. Et avec les pneus secs, elle prenait toutes les bretelles d’autoroutes et le rond-points en travers en faisant vrop ! vroooop ! quand il pleuvait, c’est à dire souvent… Je la regrette évidemment.
    Donc je vote pour la grise inox sans hésiter !

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  3. VANDERTHOMMEN

    Je suis un heureux propriétaire des 2 modèles,graves problème de rouille déjà dans la troisième année mais la conduite est un vrai plaisir. Ont dit qu’elles rouille déjà dans le catalogue 😂🍀

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    • Carles

      Pas de corrosion sur les miennes 😇😇😇

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  4. Carles

    Je possède les 2 dans un état irréprochable, la véloce plus sportive et la qv plus confortable
    Les deux, totalement irrésistibles en tout points 🙄🤷‍♂️ Merci pour l’article ! Parler Alfa c’est parler passion …

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